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samedi 3 septembre 2016

Un texte illustré qui parle du végétarisme... mais pas que ! - Jennifer Dalrymple



ou comment un premier humain refusa de tuer l'animal



Bravo ! Jennifer n'est pas tombée dans le piège d'un pamphlet "donneur de leçon" mais sans être trop consensuel pour autant. Il dépasse la seule question de la nourriture, du végétarisme, en rappelant aussi notre lien et notre relation avec le monde vivant animal, flore... d'hier et d'aujourd'hui.
 C'est subtil, profond et poétique.
 Sont évoqués aussi le droit à la  différence, le  respect de l'autre, le droit de choisir et la  ... TOLÉRANCE vis-à-vis de celui qui prend un autre chemin. 

Le choix de la période préhistorique n'est pas anecdotique, en évoquant cette symbiose et synergie entre l'humain et la nature.


 La référence à l'art pariétal tisse aussi ce lien entre passé et vie contemporaine. Les illustrations ocres, couleur de la TERRE  accentuent ce sentiment.


Décidemment, La collection Trimestre créée par Thierry Lenain et Benoît Morel continue à me séduire en sortant des sentiers battus...


 

 " Le feu avait brûlé abondamment toute la nuit.

Les pères et les mères regroupés autour de Chêne l'ancien n'avaient pas fermé l’œil. Que fallait-il faire de Mirto ? Fallait-il le punir, l'obliger à manger de la viande ? Ou fallait-il accepter son choix ?

Jamais une telle  chose ne s'était passée dans le clan.


Chêne demanda du temps pour réfléchir."





Sylvie

vendredi 3 octobre 2014

C'est ta vie auto- interwiew de Thierry Lenain...

Auto-interview (façon lunettes noires d'un autre Thierry, donc) de Thierry Lenain, l'auteur de
 C'est ta vie ! l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants
( prix sorcière documentaire 2014)
 
Blog de l'auteur Thierry Lenain ici
et de l'illustrateur Benoit Morel ici


- D’où t'est venue l’idée de ce documentaire sur la sexualité ? Il en existe déjà pas mal...
- C’est une responsable du Planning familial de Gironde, rencontrée dans la librairie Comptines de Bordeaux, qui m’a suggéré de m’atteler à ce projet. Elle se faisait la porte parole d’éducateurs, de médiateurs et de parents qui avaient envie de proposer aux enfants un autre documentaire que ceux existants, plus proche de ce qu’il avaient à leur dire, eux, de la sexualité et plus généralement des rapports humains. Et les histoires de Zazie lui laissait penser que je pouvais avoir une approche allant dans ce sens. Je crois qu'au départ, elle avait prévu que j'allais écrire ce que le Planning imaginait… Et puis j'ai pris mon envol :-) Mais je sais aujourd'hui qu'elles sont très satisfaites0 du résultat, sauf de la couverture, qu'elles trouvent trop centrée sur le fœtus et la naissance. 

- Et pourquoi t'es-tu lancé dans cette aventure ?
- J’ai beaucoup, et publiquement - dans Citrouille, notamment -  critiqué les documentaires sur la sexualité pour les enfants, leur reprochant généralement de reproduire les clichés, les valeurs morales réactionnaires... C’était intéressant de relever le défi et d’accepter de construire au-delà de la critique, toujours plus facile...

Photo Simon Roguet librairie M'Lire de Laval

-Tu n'avais jamais écrit de documentaire...
- Non. Et je crois bien que ç’aura été mon plus grand chantier d’écriture, le texte où j’aurai pesé et soupesé comme jamais chaque mot. J’ai voulu faire un documentaire d’auteur, avec une écriture, un parti pris, une envie d’offrir au lecteur un ouvrage qui lui permette de mieux comprendre le monde, de le comprendre différemment - et pas seulement d’apprendre quelque chose “d’objectivement scientifique” qu’il ignorait peut-être. C’était aussi vouloir lui permettre de porter un regard peut-être renouvelé sur sa propre histoire de vie. Mais il fallait pour cela que j’accepte que ma réflexion interroge mes propres représentations, les bouscule, que je traque dans mon texte ce que je déclarais ne pas vouloir y mettre, et qui pourtant parvenait à s’y écrire !

- Un exemple ?
- D’abord écrire : “le pénis de l’homme durcit, ce qui lui permet d’entrer son sexe dans le sexe de la femme”. Puis effacer et écrire : “Le pénis durcit, et le vagin s’élargit et devient humide. La femme et l’homme peuvent alors assembler leurs corps. Ils font entrer le pénis dans le vagin.” Ou d’abord écrire : “Après l’éjaculation les spermatozoïdes se déplacent vers l’ovule qui attend dans l’utérus, et un spermatozoïde va alors entrer dans l’ovule”. Puis effacer et écrire : “Les contractions des muscles du vagin dirigent les spermatozoïdes vers l’utérus, puis ils se déplacent dans les trompes... où se trouve peut-être un ovule ! Si c’est le cas, cet ovule et un spermatozoïde vont pouvoir se rencontrer et se mélanger. “ J’ai même appris à cette occasion que c’était dans les trompes et non dans l’utérus qu’avait lieu la fécondation !

 - A quelle idée originale tenais-tu le plus ? 
- A ce qui est l'idée directrice  du projet : la fécondation, sur laquelle on va s’attarder, c’est certes l’expression d’une relation humaine particulière, mais cette relation appartient à un registre beaucoup plus large de rapports humains tout aussi importants, qu’ils soient amoureux, amicaux ou sociaux. Et chacun de ces rapports comportent non pas une norme et des anomalies, mais des variantes qu’on ne va pas taire dans le documentaire, ni forcément limiter à quelques petits encadrés hors texte.
- A quelle idée originale tenais-tu le plus ? 
- A ce qui est l'idée directrice  du projet : la fécondation, sur laquelle on va s’attarder, c’est certes l’expression d’une relation humaine particulière, mais cette relation appartient à un registre beaucoup plus large de rapports humains tout aussi importants, qu’ils soient amoureux, amicaux ou sociaux. Et chacun de ces rapports comportent non pas une norme et des anomalies, mais des variantes qu’on ne va pas taire dans le documentaire, ni forcément limiter à quelques petits encadrés hors texte.

- Par exemple ?
-Eh bien : avant la fécondation,  y a ou il n’y a pas le désir de la fécondation; il existe donc deux façons de devenir parents : en le décidant avant ou après la fécondation... De la même façon : devenir parent ensemble, c’est l’expression d‘un amour très fort, mais on peut aussi s’aimer très fort sans avoir envie de devenir parent. Comme on peut s’aimer sans avoir envie d’habiter ensemble, ou ensemble tout le temps... Ou : les caresses sexuelles apportent beaucoup de plaisir au couple qui s’aime, mais des individus peuvent aussi avoir du plaisir à s’en donner sans être pour autant amoureux... et on peut aussi être très amoureux et ne pas aimer les caresses sexuelles. Également : ces caresses-là appartiennent à un registre plus large de gestes, parfois codifiés différemment selon les cultures, et qui mettent les individus en lien. Mais chacun doit rester libre d’accepter ou de refuser ces gestes, de les réinventer, entièrement ou en partie. Et c’est d’ailleurs cela le plus important : la liberté qu’on doit reconnaître à l’autre dans son rapport à nous. Jusqu’à lui reconnaître le choix de ne pas avoir envie de rapport avec nous...


- La place que tu accordes à l’homosexualité dépasse aussi largement celle “d’un petit encadré hors texte” qu’on trouve dans d’autres documentaires...
- Elle correspond tout simplement à la réalité de l’homosexualité masculine et féminine dans notre monde, et à l’évolution de sa reconnaissance dans notre propre pays... Ce qui m’intéressait aussi, à ce propos, c’était d’évoquer l’homophobie en tant que peur de l’homosexualité, peur de tout ce qui n’est pas “normalité”... Mais la normalité humaine est diverses et plurielle, c’est une chance pour notre espèce, et c’est un point de vue que je voulais partager avec les enfants.

- Tu ne trouves pas que le lectorat visé, celui des 7/10 ans, est trop jeune pour toutes ces nuances, ou du moins qu’il n’est pas utile d’être si nuancé pour cette tranche d’âge ?
- Non, et même au contraire. Je crois que c’est à cet âge - sinon plus tôt - que s’installe les premières représentations fondatrices des rapports humains, de la sexualité, du couple, et que les enfants sont confrontés à celles que leur imposent le discours ou la pratique dominants, la publicité, la gouaillerie... sans que le plus souvent cela interroge les adultes ! Le projet de ce documentaire, c’est aussi de proposer un autre point de vue sur les rapports humains, un point de vue avant tout organisé autour de la reconnaissance de la diversité, et du respect de chacun dans cette diversité. En rappelant de manière toute aussi forte les lois, qu’elles soient celles qui protègent les enfants des désirs d’adultes, celles qui sanctionnent la discrimination sexiste ou l’injure homophobe, ou celles qui permettent de casser un mariage forcé.

- Un mot de ta collaboration avec Benoit Morel ?
- Ben... Il n'a qu'à s'auto-interviewer lui-même ! Mais je dirai quand-même : ce qui m'est apparu évident à un moment de l'élaboration du projet, c'est qu'il fallait à côté du texte les images d'un artiste. Pour dire la poésie, la beauté, l'émotion, la sensualité... Et dans ce livre, les images de Benoit sont celles d'un artiste. Et puis c'est ensemble qu'on a choisi de représenter ceci plutôt que cela (pas d'enfant nu, par exemple, pas de schéma de la pénétration, le mouvement, "en rotation" sur la double page, des corps en fusion du couple qui fait un enfant, certains dessins laissés sous forme d'esquisses, l'extrême présence du métissage, la position des mains ici plutôt que là, le drap baissé jusqu'ici plutôt que jusque là...) On a discuté des heures durant de tas de détails, et puis de la mise en page, aussi, réalisée également par Benoit.  Benoit est à 50% dans la réussite de ce doc. Et si on a pu travailler comme ça, c'est grâce à Oskar, notre éditeur, qui nous a laissé carte blanche - une carte blanche attentive et haute en espoir - et qui a investit le budget nécessaire pour une impression haute en qualité.

- D'autres personnes ont-elles collaboré à votre travail ?
- J'ai régulièrement envoyé le texte, puis les illustrations,  à des ami-e-s, à des libraires, de sensibilité différentes. Et j'ai souvent tenu compte de leurs réactions et réflexions. Benoit, de son côté, a fait lire l'ensemble à des "professionnels" (sage-femme, médecins) et là aussi, nous avons tenu compte de leurs remarques ou des rectifications ou compléments d'informations qu'ils nous donnaient.

- Le premier accueil réservé au livre a-t-il correspondu à votre espérance ?
- Quand on a lu les premiers retours sur le web, avec Benoit, on n'en revenait pas. On avait l'impression que les gens lisaient ce documentaire exactement comme on l'avait conçu, et qu'ils l'appréciaient exactement pour les raisons pour lesquelles on l'avait conçu ainsi... Un vrai bonheur !

 
Ce livre a fait l'objet, en 2013 d'une exposition à la médiathèque et d'un atelier gravure avec Benoit Morel.
 
Ce documentaire vous attend dans votre médiathèque bien sûr !
Ainsi que d'autre livres de Thierry Lenain et de l' illustrateur Benoit Morel.
 
A bientôt


  Sylvie

 

mardi 29 octobre 2013

Comment la médiathèque s'est transformée en atelier de gravure


La médiathèque est devenue l'espace d'une journée un atelier éphémère dédié à la gravure, sous la houlette de l'illustrateur Benoît Morel.

Benoît était déjà bien présent dans la salle d'exposition depuis 10 jours par le biais de ses peintures et gravures illustrant les textes de Thierry Lenain dans le bel album documentaire dont nous vous avons déjà parlé : C'est ta vie !
Mercredi dernier, il était là en chair en os, pour accueillir le matin les jeunes du Club 11-14 et l'après-midi des enfants de 8 à 12 ans.
Notre salle d'expo avait été transformée pour l'occasion : le sol recouvert de bâches plastique lui donnait un petit air familier aux amateurs de la série Dexter. Mais c'était bien nécessaire au vu de toute l'encre qui a coulé ce jour-là.
D'abord, l'encre de chine, dans laquelle les enfants ont trempé leur pinceaux pour réaliser leur croquis.
Cette première étape était essentielle pour habituer la main à un autre geste que celui plus maîtrisé du crayon.






Le thème qui s’imposait était celui du livre : l’amour, la naissance, l’amitié, les relations entre les gens. A l'aise dans cet esprit Peace and Love, les enfants ont esquissé coeurs, regards, sourires mais aussi foetus, ovules, spermatozoïdes ou encore couples à l'air heureux.


Deuxième étape : sur la plaque de polystyrène (attention, pas n'importe lequel ! extrudé, s'il-vous-plaît), chacun a tenté de redessiner son croquis, en le gravant à l’aide de la pointe bien taillée d’un crayon de couleur.


Benoît explique bien que le rendu sera le miroir de la plaque gravée. Cela n'empêche pas les plus décidés de graver des lettres à l'envers pour faire apparaître des noms, des mots.
Chacun est penché sur sa plaque, le geste doit être précis et en même temps puissant, car le polystyrène ne se laisse pas graver si facilement par les petites mains.

C'est l'heure de l'encrage. L'impatience se fait ressentir : on a envie de tenir en main ces drôles de rouleaux qu'on voit depuis ce matin. On étale l'encre de gravure - "la mayonnaise" - sur un vieux calendrier, on y passe le rouleau en caoutchouc, et on applique l'encre sur la plaque.




Une fois la plaque bien imprégnée, on la pose délicatement sur une feuille de papier canson posée par terre.


On appuie bien fort. On a même le droit de sauter et de danser dessus ! Alors on s'en donne à coeur joie.


Et puis arrive le moment magique : l'excitation monte d'un cran.
On retire tout doucement la feuille de canson et on reste quelques instants béat devant le résultat.




C'est l'heure du goûter. Les enfants reviennent de leur pause bien méritée avec l'envie de graver encore. 
Sur une grande feuille de papier kraft, chacun pose sa plaque. Se dessine alors sous nos yeux une oeuvre collective plutôt sympathique.


Vous voulez continuer, les enfants ?
Alors on sort tous les vieux papiers qui traînent : affiches, chutes de papiers cadeaux, cartons, journaux. L'effet est bien souvent étonnant.


L'atelier touche à sa fin.
Les enfants rentrent chez eux les doigts tout noirs, fiers de raconter à leurs parents ce qu'ils ont appris aujourd'hui. Benoît Morel repart vers sa Bretagne.

A la médiathèque, quelques traces d'encre ça et là témoignent de l'effervescence de la journée tandis que les bibliothécaires nettoient les pinceaux, rangent la salle, replient les tables.

La salle a retrouvé son allure habituelle... sauf sur un des murs où s'étalent maintenant quelques dizaines de gravures suspendues, du plus bel effet.


Les plaques et les gravures sont exposées jusqu'au vendredi 8 novembre, en même temps que les planches de C'est ta vie !

Merci à Thierry Lenain et Benoît Morel pour nous avoir permis d'exposer les planches de leur livre, un deuxième merci à Benoît Morel pour avoir accepté notre invitation et mené cet atelier de main de maître, et un grand merci collectif à tous les enfants qui ont participé à cette journée avec un enthousiasme communicatif.
 

samedi 12 octobre 2013

C'est ta vie ! Une exposition et un atelier gravure pour les enfants




Un bel événement se prépare pour les jours qui viennent à la médiathèque.

Nous sommes très fiers de vous présenter sur les murs de notre salle d'expo les planches d'un album documentaire que nous avons ADORE : C'est ta vie ! de Thierry Lenain et Benoît Morel.
Nous avons été conquis par ce livre atypique et captivant, qui nous entraîne à la découverte des liens humains, à travers les relations amoureuses, l'amitié, la procréation, la naissance... et à la découverte du corps humain. Il aborde également les différentes formes d'unions (parents de couleurs ou d'origines différentes) et les divers types de sexualité et de rapports humains.


Comment en dire plus ? Les peintures vives et colorées de Benoît Morel ponctuent à merveille les mots à la fois simples et sincères de Thierry Lenain, qui aborde sans détour des questions parfois laissées de côté dans les livres pour les plus jeunes. Illustrations et texte se complètent et se répondent comme rarement dans un documentaire.

Pour tous les curieux qui souhaiteraient en savoir plus sur C'est ta vie !, Thierry Lenain recence sur son blog les divers avis, articles et commentaires des magazines et de la blogosphère.

Et comme, on vous le disait plus tôt, on adore les illustrations de Benoît Morel, on l'a invité à venir mener des ateliers graphiques à la médiathèque. Il sera avec nous le mercredi 23 octobre pour initier les enfants de 8 à 12 ans à la gravure autour des thèmes du corps et de la naissance. Vous verrez qu'avec du polystyrène et de l'encre de chine, on peut devenir un graveur en herbe !
Si vous voulez vous inscrire ou en savoir plus, venez nous voir. On se fera un plaisir de vous faire découvrir les autres livres illustrés par Benoît Morel. On vous donnera des détails sur l'atelier. On répondra à toutes vos questions, promis !

Alors, à vos agendas, l'exposition débute mercredi et dure jusqu'au 8 novembre.